Les secrets techniques de la BD, des comics & des mangas à portée de main de tous les aspirants ayant un peu de jugeote


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I - Une bonne habitude à prendre

Il est des trésors qui parfois passent sous notre nez sans attirer notre attention. Tel est le cas des enseignements que nous pouvons tirer de nos lectures, à chaque fois que nous lisons une BD, un comic book ou un manga. Certes, nous lisons pour nous divertir, car nous aimons lire des bédés, des comics ou des mangas ; mais si, en plus d'être un lecteur, nous sommes un auteur, un artiste, un bédéaste ou mangaka, nous pouvons aussi nous servir de ces lectures pour apprendre et progresser dans notre branche : le 9ème art.

Toutes les bandes dessinées, tous les comics et tous les mangas que nous lisons sont le creuset de techniques diverses et variées, de réussites artistiques et de ratés artistiques qui peuvent nous apprendre énormément sur l'art de bien faire dans ce domaine d'activité.

Prenez une bande dessinée que vous jugerez parfaite en tout, tellement vous y voyez de qualités, que des qualités ; cette bande dessinée sera déjà en mesure, si vous portez sur elle un regard analytique, critique, de vous renseigner sur ce qu'on peut faire pour produire une BD d'une telle qualité.

Prenez au contraire une bande dessinée mal fichue à tous les niveaux, vous aurez là aussi des tas de connaissances à vous mettre sous la dent, si, au lieu de seulement faire le constat du rejet que vous éprouvez pour l'oeuvre, vous l'analysez, essayant de comprendre ce qui, dans cette BD, ne passe pas chez vous.

Si, à chaque fois que vous lisez une BD, un comic book ou un manga, vous analysez cette oeuvre pour essayer de distinguer dans cette dernière le bon du mauvais, ce qui marche et ce qui ne marche pas, ce qui vous attire et ce qui vous repousse, vous apprendrez ici beaucoup sur ce que vous devez faire, vous-même, en tant qu'artiste, pour trouver grâce à vos yeux.

Lisez ce que vous voulez comme un simple lecteur. Mais au terme de votre lecture, après avoir profité pleinement de cette oeuvre comme le font tous les lecteurs ordinaires, passez à l'étape suivante qui consiste à prendre le temps d'analyser cette oeuvre. Ne vous contentez pas de l'analyser mentalement, en pensée, notez tout ce que vous observerez, toutes les remarques que vous vous ferez, toutes les conclusions auxquelles vous parviendrez. Notez tout cela, et vous verrez que, ce faisant, vous aurez à votre disposition, au bout d'un moment, un ensemble de suggestions, de conseils, d'instructions de grande valeur pour vous aiguiller dans vos propres démarches artistiques.

II - Quelques exemples pour vous aider...

Voici quelques exemples d'analyse.

A) Feuilletez & analysez

La première chose que nous faisons en librairie, généralement, est : feuilleter ce qui nous attire. Vous avez déjà là un premier indice : Qu'est-ce qui fait qu'en librairie vous avez envie de feuilleter tel produit plutôt que tels autres ? Le style de dessin en couverture ? Le titre du bouquin ? quoi d'autre ? Posez-vous la question.

Vous feuilletez ensuite cette bande dessinée, ce comic book ou ce manga. Moi, très souvent, je feuillette vite et je repose aussitôt l'oeuvre qui ne m'intéresse pas. Je m'attarde en revanche plus longuement sur d'autres oeuvres en les feuilletant. Vous aussi, j'en suis sûr. Pourquoi ? Qu'est-ce qui fait que telle oeuvre vous a suffisamment interpelé pour que vous ayez eu envie de la feuilleter plus longuement ? et qu'est-ce qui a fait que telle autre oeuvre, au contraire, vous a si peu interpelé - quand elle ne vous a pas carrément repoussé - que vous l'avez reposée aussitôt ? Est-ce que vous avez été attiré par le style dessin ? le genre d'histoire racontée ? l'encrage ? le design des personnages ? une scène en particulier qui a su attirer votre attention ? ou plusieurs scènes ? les décors ? quoi d'autre ? Là encore il est intéressant de vous poser ces questions. Car les réponses que vous obtiendrez vous renseigneront sur ce que vous devriez peut-être faire pour améliorer vos propres oeuvres.

B) "Le petit truc qui fait toute la différence"

Il existe sur le marché des tas de bédés intéressantes, des tas de comics intéressants, des tas de mangas intéressants. Personnellement, si je devais acheter tout ce qui peut m'intéresser, il me faudrait des millions et un hangar pour ranger tout ça ! On ne peut donc pas tout acheter, tout lire, tout posséder. On est confronté à la nécessité du choix. Face à tout ce qui se présente à nous, il faut choisir : je vais acheter ceci mais pas cela. Qu'est-ce qui fait que je vais acheter ce produit plutôt qu'un autre, alors que je juge cet autre produit aussi très bien ficelé ? Quel a été "le petit truc qui a fait toute la différence" entre les deux et qui a fait que mon choix s'est porté sur tel produit et pas sur tel autre, alors que l'autre est bien aussi ?

Observez souvent ce phénomène quand vous y êtes confronté. Posez-vous la question : Qu'est-ce qui a fait que mon choix s'est porté sur tel produit plutôt que sur tel autre alors que l'autre aussi avait l'air très bien dans le fond et la forme ? quel a été le petit truc qui a fait toute la différence ? ou quels ont été les petits trucs qui ont fait toute la différence ?

Ce petit truc qui fait toute la différence vous permet de répondre assez facilement à la question : "Pourquoi telles et telles oeuvres ne m'intéressent pas alors qu'elles ont l'air très bien réalisées ?" C'est parce qu'il leur manque "ce petit truc en plus qui fait toute la différence".

C) "Ce petit truc qui fait toute la différence" - les deux voies

"Ce petit truc qui fait la différence" se décline en réalité en 2 types :
  1. le type PERSONNEL ;
  2. le type GENERAL.
Qu'est-ce que le type PERSONNEL ? C'est quand vous aimez par exemple les montagnes et que vous êtes attiré par tous les mangas où vous voyez des montagnes. C'est quand vous aimez les scènes érotiques dans une bande dessinée et que toute BD qui en présente vous attire plus que celles qui n'en présentent pas. C'est quand vous aimez les dessins faits dans un certain style et que vous serez plutôt attiré vers ce style-là que vers les autres. Ce sont des "petits trucs" qui ne regardent que vous et qui font que vous pouvez être le seul à acheter telle BD, tel comics book ou tel manga, en raison de ces "petits trucs" que vous y trouvez, que vous y percevez, alors que la majorité des gens passera son chemin sans s'intéresser à cette oeuvre.

Qu'est-ce que le type GENERAL ? C'est ce qui fait un succès en librairie. Un succès en librairie ne peut pas reposer sur "ces petits trucs qui font toute la différence" chez vous uniquement. Il doit nécessairement reposer sur "des petits trucs qui font toute la différence" pour un plus grand nombre de personnes.

Et selon que vous allez analyser tel produit en fonction du PERSONNEL ou du GENERAL, vous allez obtenir, souvent, des conclusions différentes. En analysant un produit en fonction du PERSONNEL, vous allez savoir ce qui vous attire, VOUS, dans les bédés, les comics et les mangas. Vous allez donc savoir ce que vous devriez faire pour vous satisfaire aussi sur le plan artistique quand vous concevez vos propres oeuvres. Vous allez créer des oeuvres à votre goût. Mais en analysant un produit en fonction du GENERAL, vous découvrirez ce qui contribue à faire d'un produit une réussite ou un échec en librairie ou plus généralement dans le marché. Vous découvrirez par exemple l'impact de la publicité, du marketing, du bouche à oreille, vous verrez de quelle manière tel sujet d'actualité attire ou repousse les lecteurs, etc. Vous devez prendre le temps de tout observer et de vous poser des questions :
  • Qu'est-ce qui fait que les gens achètent en nombre cette série ?
  • Est-ce parce qu'il s'agit d'une série ? un one-shot vendrait-il moins ?
  • Est-ce parce que cette série a joui, de X ou Y manière, d'une forte publicité à un moment donné ou continue de jouir d'une forte publicité ?
  • Est-ce parce que le sujet traité est mis en avant par les médias ?
  • Est-ce parce que le sujet traité fait polémique et attire ou repousse les lecteurs ?
  • Est-ce que ce genre de dessin attire plus qu'il ne repousse ou l'inverse ?
  • Est-ce que ce genre d'histoire attire plus qu'il ne repousse ou l'inverse ?
  • Est-ce que ce genre d'histoire réalisée de telle ou telle manière attire plus qu'il ne repousse ou l'inverse ?
  • etc.
III - Le passage à la lecture et l'analyse de la structure

Le passage à la lecture permet de mieux se faire une idée du produit. Feuilleter c'est bien, mais lire c'est encore mieux. C'est en lisant que vous allez vraiment pouvoir juger sur pièce. 

A) Le rythme

Un bon rythme, en BD, comics ou manga, fait en sorte que tout ce que vous avez envie de raconter soit raconté au mieux et passe comme une lettre à la poste. Le rythme repose
  • sur l'accélération de la narration, comme lorsque vous dépeignez une scène d'action ou lorsque vous devez raconter beaucoup de choses en très peu de pages ;
  • sur le ralentissement de la narration ;
  • sur la pause (le temps se fige, il s'arrête...) ;
  • sur une narration qu'on jugera - par contraste avec les 3 points précédents - "normale".
Comme je l'ai expliqué dans mon livre CREEZ VOTRE BANDE DESSINEE JACKPOT, en vente chez Amazon, on peut comparer cela à l'allure à laquelle on se déplace :
  • accélération du rythme de la narration - je marche plus vite, de plus en plus vite, ou je cours carrément ;
  • ralentissement du rythme de la narration - je marche de plus en plus lentement, je traîne les pieds ;
  • pause dans la narration - j'arrête de marcher, je ne bouge plus ;
  • rythme de narration normal - je marche normalement.
En analysant une oeuvre, vous allez pouvoir noter tout cela : à quel moment le rythme de la narration a l'air normal, à quel moment il donne l'impression que tout s'accélère, se précipite, à quel moment il donne l'impression d'un ralentissement, à quel moment il donne l'impression de marquer une pause.

Et vous verrez bien, en lisant, si le choix de tel ou tel rythme est judicieux ou non, s'il convient ou non à ce qui est raconté, pour le raconter au mieux.

B) La structure narrative

Je vais prendre ici un exemple. Celui d'une série manga que j'ai bien appréciée : REIMP' ! de Naoko Mazda. Je vais vous présenter ci-après quelques notes que j'ai prises en analysant cette série après l'avoir lue dans son intégralité. Vous vous ferez ainsi une idée des informations précieuses que l'on peut relever en étudiant une oeuvre de cette manière.

Cette série, dans un premier temps, m'avait intéressé et désintéressé, les deux à la fois.

I - INTERET : Série sur le monde de l'édition japonaise, m'intéresse donc, comme avait pu m'intéresser BAKUMAN.

II - DESINTERET : Quand il a fallu faire un choix - que je croyais devoir faire - entre les séries que je continuerais à suivre et celles que j'arrêterais de suivre (par souci d'économie, j'en suivais trop en même temps), celle-ci a rapidement fait partie de la liste "à virer". Je devais avoir lu quelque chose comme 5 ou 8 volumes. Qu'est-ce qui avait motivé ce choix ? Deux choses :

1) Le fait que j'avais l'impression de ne pas apprendre grand-chose sur le monde de l'édition (ni sur le travail des mangakas) ;
2) le fait que je n'avais pas encore "accroché" émotionnellement les personnages.

Mais j'ai finalement regretté ce choix, car cette série restait intéressante (motif 1er d'achat : la dimension didactique, apprendre des choses sur le monde de l'édition japonaise) et j'ai fini par me procurer tous les volumes suivants, jusqu'au dernier. J'ai repris la lecture depuis le tout début et j'ai pu ainsi lire l'intégralité de cette série en peu de temps (20 volumes en tout).

Cette série a fini par m'accrocher, me convaincre, et quand j'ai eu fini de tout lire mon bilan/verdict a été le suivant : cette série était vraiment très bien. Dans son ensemble (son intégralité) je lui donne la note de 18 sur 20. Le dernier volume était particulièrement émouvant.

--> L'autrice a bien commencé sa série ;
--> elle l'a bien développée ;
--> et l'a bien terminée (chute).

POINTS NEGATIFS :
  • Très relatif. Les dessins (le style) peuvent rebuter au 1er abord - mais on finit vite par s'y habituer et ne plus les voir du tout comme un défaut, car le style est cohérent & maîtrisé.
  • NEGATIF : Le personnage ayant été maltraité durant l'enfance. À force de nous le présenter au fil des pages et des chapitres comme un "bof" total, il finit par agacer au point qu'on en arrive à souhaiter que l'autrice nous en débarrasse d'une manière ou d'une autre. --> Mais elle a réussi à rattraper le coup in extremis en l'amenant à se transformer positivement au contact de son douloureux passé (revoir ses parents indignes) et avec l'aide des gens qui lui voulaient du bien (auteurs, assistants, tantô...) ; puis il y a la relation amoureuse qui prend place et qui, même s'elle n'est pas encore consommée, s'installe de manière claire et évidente, honnête dans le cœur du jeune homme et de la fille. C'est un processus en 3 temps :
1ER TEMPS : Le côté "bof" du personnage est mis en avant, toute sa noirceur, ses névroses, sa psychose, à cause de son lourd passé. Mais il y a ici dualité entre :
  • cette noirceur ;
  • et l'usage qu'il en fait : il traduit cela en histoire (manga) et ça plaît à tout le monde. --> SUBLIMATION (en psychanalyse).
2EME TEMPS : Confrontation au passé douloureux, "regarde tes démons en face" si l'on peut dire. Et cette confrontation très douloureuse devient libératrice. Sorte de dualité là encore :
  • la confrontation...
  • ...le libère de ses chaînes.
3EME TEMPS : Il se reconstruit par ce biais mais aussi en acceptant enfin les mains qui se tendent vers lui pour l'aider, il va d'ailleurs lui-même chercher conseils. Il se reconstruit sur le plan social et personnel. + il découvre l'amour, et celle qu'il aime l'aime aussi de toute évidence. C'est le bonheur qui entre enfin dans sa vie.

Ce qui sauve cette série et en fait une chouette série c'est tout ça :
  • Les infos sur le monde de l'édition (dimension didactique du triangle de la forme et du fond). [À propos de ce triangle, consulter deux de mes livres de la collection BD JACKPOT : LA METHODE BD FAST et CREEZ VOTRE BANDE DESSINEE JACKPOT].
  • Des personnages secondaires récurrents stéréotypés qui deviennent attachants.
  • Le rythme qui est lui aussi au rendez-vous.
  • Le scénario (contenu de l'histoire) et le storytelling (la façon dont ce contenu nous est servi, raconté) sont bien ficelés,
  • jouant aussi avec nos émotions, ça et là, surtout vers la fin (sentiment amoureux...), assez pour nous emballer (accrocher). On voit ici toute l'importance de ce que dit KARL IGLESIAS dans son livre WRITING FOR EMOTIONAL IMPACT : l'important ce n'est pas les émotions des personnages qu'on raconte mais les émotions des lecteurs qu'on suscite via ce qu'on raconte.
De ce point de vue, Naoko Mazda a bien réussi son job de cette manière :
  • Etats d'âme complexes des personnages, très réalistes (peurs, doutes, envies, etc.) ;
  • les confrontations, ce à quoi les personnages se confrontent, le "mal" pour eux...
  • ...qui devient un défi.
  • Et ce défi est relevé bon gré mal gré et c'est finalement la victoire.
Cette victoire peut prendre plusieurs formes :
  • l'amour revient réciproque ;
  • réussite obtenue ;
  • transformation intérieure positive, libératrice ;
  • ennemi vaincu ;
  • problème résolu ;
  • on trouve enfin sa voie ou on finit enfin par se trouver en chemin.
On notera qu'ici encore la présence féminine dans sa dimension désirable et timide (comme dans THE SHIUNJI FAMILY CHILDREN) apporte à mes yeux (ma propre perception émotionnelle) une accroche réelle, même si, ici, la relation amoureuse n'est pas consommée, juste en construction - mais une construction évidente, qui ne laisse place à aucun doute.

POUR MON PROPRE USAGE (MES PROPRES HISTOIRES), IL FAUDRA RETENIR CECI :
  • Comme pour THE SHIUNJI FAMILY CHILDREN, tout ici peut être pris en exemple, tant il y a à prendre et très peu à laisser.
  • On remarquera que toute la structure émotionnelle (désirs, états d'âme, oppositions, défis...) peut être schématisée :

Je peux donc bâtir mes propres histoires de ce type en partant d'un tableau, d'une telle représentation schématique, comme je l'avais partiellement fait, d'ailleurs, avec LUCIE, LA VOIE DU COEUR.
  • Il peut aussi être intéressant d'utiliser en BD (dans le même ordre d'idées) ce qui est dit au sujet des peurs ou des désirs primaires dans les ouvrages de Napoleon Hill.
[Peurs fondamentales selon N. Hill : CLIQUEZ SUR CE LIEN]
[Désirs fondamentaux ou motivations fondamentales selon N. Hill : ci-après, liste dressée par l'assistant IA de Google :]
NOTE : Pour le moment, j'ai l'impression que les séries manga comme celle-ci ou THE SHIUNJI FAMILY CHILDREN m'accrochent davantage sur le plan émotionnel que la production française ou US. Les Japonais savent mieux jouer avec nos émotions (dans les mangas du moins). J'ai remarqué ce même type de maîtrise dans les films et téléfilms ou séries TV US. Mais il va falloir que je lise davantage de bédés US et FR pour voir si ça se confirme ou pas. Si ça se confirme, faudra analyser tout ça pour comprendre le phénomène.

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Ceci vous donne une idée de la manière dont vous pouvez analyser les bédés, les comics ou les mangas que vous venez de lire. Et vous conviendrez que de telles analyses offrent des enseignements précieux. Imaginez que j'analyse ainsi tout ce qui me passe sous le nez et que je décide de tout coucher sur le papier, au propre, de manière à pouvoir rendre ces enseignements exploitables pour les artistes. On pourrait en vérité écrire par ce biais des tas de livres très intéressants qui dévoileraient les connaissances techniques narratives des professionnels les mieux informés sur le sujet !

Ne sous-estimez donc pas ce que vous pouvez obtenir vous-même par vos propres efforts, par de telles observations ou analyses. Vous avez là la possibilité d'apprendre beaucoup de choses à moindre frais, comme si vous aviez à votre disposition un instructeur disponible 24 heures sur 24 pour vous suggérer quantité de conseils, de techniques, etc.

IV - DE LA TECHNIQUE AU DEVELOPPEMENT PERSONNEL

Si vous voulez devenir un professeur pour vous-même, un éternel étudiant qui apprend lui-même sur le tas, vous devez distinguer deux façons de voir les choses en BD, comics ou mangas :
  • l'aspect technique (techniques de dessin, d'encrage, de colorisation, de scénarisation, de narration, etc.) ;
  • l'aspect développement personnel.
La plupart des livres se focalisent sur l'aspect technique. C'est très bien mais c'est insuffisant. L'être humain n'est pas un robot qui répète bêtement un programme qu'on lui a fourré dans le crâne (la technique qu'il a apprise ou qu'il a la possibilité d'apprendre). L'être humain est un concentré de forces mentales, morales, émotionnelles, etc. qui l'animent et qui peuvent tantôt lui faciliter les choses, dans sa carrière, tantôt lui mettre des bâtons dans les roues. Lorsque vous avez deux artistes aussi talentueux l'un que l'autre, l'un qui réussit tout ce qu'il entreprend, l'autre qui n'arrive à rien, force est d'admettre que la connaissance technique en dessin, narration, etc. ne suffit pas. Il y a chez l'artiste une autre dimension dont il faut tenir compte, c'est
  1. la dimension psychoaffective ;
  2. la dimension métaphysique.
Le mot "psychoaffectif" est un composé de deux mots : "psycho" (qui désigne l'esprit, la pensée, l'intellect, le mental) & "affectif" (qui désigne la nature émotionnelle ou affective de l'individu). Le type de pensées que nous nourrissons a généralement pour effet de susciter en nous tel ou tel type d'émotions. C'est pourquoi on parle de "psychoaffectivité", pour mettre en avant la relation qui s'établit entre la pensée et la nature émotionnelle/affective de l'individu. Chez l'artiste qui commence des tas de choses mais qui ne finit jamais rien, par exemple, nous avons affaire à un problème qui ne relève pas de la technique du 9ème art mais du développement personnel. Il y a chez cet artiste quelque chose qui cloche sur le plan psychoaffectif et qui fait qu'il commence des tas de choses mais ne finit jamais rien. Un tel artiste peut difficilement faire carrière, réussir dans son domaine d'élection, même s'il est talentueux, même s'il jouit d'excellentes connaissances/aptitudes technique dans le 9ème art. Ce seul exemple vous révèle l'importance de la dimension "psychoaffective" dans la carrière artistique. Si beaucoup d'artistes n'ont pas à se préoccuper de tout ça car tout chez eux les mène vers les buts artistiques qu'ils visent, quantité d'autres artistes, en revanche, n'arrivent jamais à rien à cause, bien souvent, de cette dimension "psychoaffective" chez eux qui pose tel ou tel problème.

Autrement dit, si vous voulez être un bon professeur pour vous-même, ne vous contentez pas d'analyser les bédés, les comics ou les mangas comme je vous ai incité à le faire, analysez aussi votre propre comportement, vos propres réactions, vos propres sentiments et pensées, etc. tout ce qu'il se passe en vous et qui fait que tantôt, ce qu'il se passe en vous vous aide dans votre travail, dans votre ascension artistique, et que tantôt, ce qu'il se passe en vous agit d'une manière diamétralement opposée, vous mettant sans arrêt des bâtons dans les roues. Quelles sont les pensées et les émotions qui vous aident à avancer ? Quelles sont celles qui vous font stagner ou reculer ? Quelle est la mentalité qui vous rend le plus entreprenant sur le plan artistique, vous poussant à oser ci et ça et à vous démener pour atteindre au but ? et quelle est la mentalité qui, au contraire, vous limite en tous points ? Quelles sont vos croyances artistiques qui vous font avancer ? quelles sont celles qui vous empêchent d'avancer comme vous voudriez le faire ? Voilà le type de questions que vous ne devez pas hésiter à vous poser.

Quant à la dimension métaphysique, elle gouverne tout ce qui touche au domaine de l'inspiration ou intuition, de la chance, etc. Le sujet est trop vaste pour être traité ici, j'en ai brièvement fait état dans mon livre ESOTERISME DU 9EME ART dont je vous suggère par conséquent la lecture.

Dès le 1er livre de ma collection BD JACKPOT, je le suis appliqué à présenter la science du 9ème art non pas seulement comme une science "technique" (techniques artistiques), mais aussi sous les traits de sa dimension "psychoaffective" et "métaphysique", autrement dit en mettant en avant tout le côté "développement personnel" de l'aspirant. Le 1er volume de cette collection (chaque volume pouvant se lire indépendamment des autres), par exemple, met en avant 5 règles de base devant faciliter la réussite de l'artiste :

Les quelques lecteurs de ce menu ouvrage ont pu être surpris, voire mécontents, en n'y découvrant rien ou pas grand-chose de "technique" (techniques artistiques). Ils n'ont tout simplement pas compris que le parti pris, ici, ne relevait pas de la technique artistique à proprement parler mais plutôt du développement personnel à l'usage de l'artiste. On travaille ici davantage sur la mentalité à développer, la façon de voir les choses, l'attitude à adopter, que sur tel ou tel aspect de la technique artistique (dessin, encrage, pose des trames ou des couleurs, scénarisation, structure narrative, etc.). Cette collection est venue d'un constat : celui de l'absence d'ouvrages, sur le marché, traitant la chose du 9ème art sous cet angle. Avec cette collection, je m'emploie donc à combler un vide. Et il faudra sans doute que quelques-uns de mes lecteurs prennent au sérieux les ouvrages de cette collection, au point de se les procurer tous et de les bien étudier, tant sur le plan théorique que sur le plan pratique, pour se rendre compte de ce qu'on cherche ici à apporter aux différents acteurs du 9ème art et en particulier aux artistes. Je n'en dirai pas davantage.

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