Ce que recèle le mot MANGA aux yeux des sciences occultes


Source image IA : Grok (x.com)

Voici un extrait de mon livre ESOTERISME DU 9ème ART dont le chapitre 5 traite du nom "MANGA" en adoptant le point de vue de la science occulte.


Chapitre 5


CE QUE RECÈLE LE MOT « MANGA »

 

 

               J’ignore qui a inventé le mot « manga », qui le premier a utilisé les idéogrammes (kanji) (MAN) (GA) pour parler de la peinture (ou d’une certaine forme de peinture), puis, de là, pour parler de la bande dessinée japonaise, j’ignore ce qui a motivé le choix de ces kanji, mais vous savez ce qu’on dit : parfois, le hasard fait bien les choses. Comme nous allons le voir, le mot manga en japonais (漫画) recèle quelque pépite sur le plan métaphysique ou spirituel. Et puisqu’il est question dans ce livre d’ésotérisme du 9ème art, ce sujet conviendra parfaitement au thème de cet ouvrage, d’où mon envie de parler de cela ici.

               En français comme en anglais nous utilisons les lettres de l’alphabet (A, B, C, D, E, F…) pour écrire des mots, des phrases. Les Japonais comme les Chinois (pour ne citer qu’eux) utilisent quant à eux des idéogrammes. Les idéogrammes utilisés par les japonais étant d’ailleurs d’origine chinoise. Un idéogramme est une représentation graphique, c’est une sorte de dessin qui représente une chose et qui, au fil du temps et de l’usage qu’on en fait pour représenter ladite chose, se transforme plus ou moins. Ainsi, par exemple, la représentation d’un arbre a abouti au fil du temps à ce kanji (à cet idéogramme) : (KI).

               Il est vrai que ce kanji rappelle vaguement la forme d’un arbre.

               Ainsi, les kanji utilisés pour écrire le mot MANGA étaient eux aussi à l’origine des dessins évoquant des choses dans la réalité, des représentations graphiques simples qui, au fil du temps, ont pris la forme qu’elles ont aujourd’hui :

               Et, en considérant ces dessins, ces représentations graphiques, leur signification, on peut être très surpris de découvrir de quoi le mot MANGA nous parle en réalité. Et vous verrez que ce dont il est question ici est très ancré dans le spirituel, dans ce qu’enseigne la religion, l’occultisme, la métaphysique, la science hermétique, l’ésotérisme…

               Je vais donc procéder ici à l’analyse de ces idéogrammes pour vous.


I – LA VERSION OFFICIELLE


               Dans le livre LE JAPONAIS DU MANGA, Tout le vocabulaire de la BD japonaise en version originale, édité par Assimil, Catherine Garnier donne une définition des deux kanji. Voici ce qu’elle en dit : « La clé de l’eau pour le caractèreest plutôt surprenante, pour entrer dans la composition d’un mot qui désigne aujourd’hui un livre… À l’origine MAN signifie de l’eau, que de l’eau, de l’eau à l’infini. De là ensuite le sens de sans limite, sans restriction, sans retenue. En d’autres termes : « On se lâche à fond ». C’est donc tout ce qui dépasse les limites du bienséant, de l’acceptable, qui est comique jusqu’à la provocation. Ce qui est drôle c’est que GA au contraire veut dire à l’origine enfermer dans les limites graphiques un contenu qui va au-delà de toutes les limites du convenable. […] Ce mot a été utilisé dès la fin du XVIIIe siècle pour désigner des recueils de croquis dont les plus célèbres demeurent ceux du peintre KATSUSHIKA Hokusai […] Le terme sera repris à la fin du XIXe pour traduire le mot anglais "comics" et désigner les bandes dessinées (en particulier des caricatures) qui paraissent alors dans certains journaux, à l’imitation des États-Unis. Il est aujourd’hui utilisé pour désigner plutôt la production de bandes dessinées japonaises. »

               Voici maintenant ce que, moi, j’en dis.


II – MAN ()


               Commençons par le 1er kanji, MAN ().


               « La clé de l’eau » dont parle Catherine Garnier est la partie du kanji que j’ai noircie. Dans sa forme première elle ressemble à ceci : et évoque l’eau. Mais lorsqu’elle entre dans la composition d’un kanji dont elle est la clé, elle prend la forme noircie ci-dessus. Ce kanji nous parle donc d’eau.

               La partie de l’idéogramme que j’ai noircie est aussi un idéogramme ou kanji en soi : . Celui-ci évoque le jour, le soleil. Et on en devine aisément la raison : la ligne horizontale centrale évoque la ligne d’horizon qui sépare le ciel et la terre, c’est là que le soleil se lève mais aussi qu’il se couche, on dira donc que ce kanji évoque le soleil, donc le jour. Ce n’est, du reste, pas sans raison que le Japon est surnommé « le pays du soleil levant » et que ce kanji du jour ou du soleil apparaît dans le nom JAPON (NIHON) : 日本.

               La partie centrale fait quant à elle penser à un œil.

               Enfin, la partie du bas évoque la répétition.

* * *

               L’ensemble de l’idéogramme MAN () peut donc être traduit comme suit : « Une vaste étendue d’eau qui s’étend à perte de vue. » C’est, en effet, de l’eau qu’ont voit se répéter jusqu’à l’horizon. D’où ce qu’en a dit Catherine Garnier : « de l’eau, que de l’eau, de l’eau à l’infini ».

               Passons maintenant au second idéogramme.


III – GA ()


               Selon la version officielle, on noircirait ici volontiers cette partie centrale qui évoque la rizière…

…et donc, par extension, avec la partie du bas qui ressemble à une boîte et la partie du dessus qui fait penser au couvercle de ladite boîte, c’est une rizière dont on trace les contours, ce qui évoque la mesure, ce qu’on détermine ou circonscrit : la surface d’un terrain, d’une rizière, etc. Ou, pour reprendre les termes de Catherine Garnier, cela pourra évoquer l’idée d’« enfermer dans les limites graphiques un contenu… »

               Je vais quant à moi prendre la liberté de m’écarter quelque peu de cette version officielle. Dans l’idée, vous le verrez, cela ne nous fera rien perdre de ce qui a été dit, mais nous permettra d’étendre notre compréhension de la chose jusqu’à sa signification la plus profonde qui est aussi une signification religieuse, occulte ; spirituelle, métaphysique, ésotérique. Ce sont les religieux qui ont apporté l’écriture au Japon ; on ne maugréera donc pas contre cette prise de position mienne.

               Voici la partie que je noircis de prime abord :

               Dans l’idée que nous pouvons nous faire de cet élément, si nous considérons l’ensemble de cet idéogramme ou kanji comme un dessin, comme la représentation graphique ou symbolique de quelque chose que nous cherchons à désigner, le trait horizontal évoquera le sol, la surface de la terre qui est plane et sur laquelle nous nous mouvons, tandis que le trait vertical évoquera ce qu’il y a sous la surface de la terre (sous le trait horizontal).

               La partie centrale, nous la connaissons déjà, c’est le soleil. On nous parle donc ici d’un soleil qui se trouve dans la terre.

               Enfin, la partie du bas évoque le conteneur.

* * *

               L’ensemble de l’idéogramme GA () peut donc être traduit comme suit : « Un soleil caché que renferme la terre. »

               Comme nous allons le voir, la « terre » (ce qu’il y a sous nos pieds, sous la surface du sol que nous foulons, c’est-à-dire la croûte terrestre) évoque la substance ou matière. Et c’est aussi ce qu’en occultisme évoque la vaste étendue d’eau, la mer ou l’océan. Que nous disions « terre » ou « eau », nous parlons de la même chose, de la substance ou matière. Le mot MANGA (漫画), selon ma façon de voir les choses, nous parle donc d’UN SOLEIL CACHÉ QUE RENFERME UN OCÉAN DE MATIÈRE/SUBSTANCE QUI S’ÉTEND À PERTE DE VUE, À L’INFINI.


IV – SIGNIFICATION ÉSOTÉRIQUE

   

            De tous temps, les initiés aux Mystères reconnurent l’existence de deux principes :

  • l'ESPRIT
  • et la MATIERE.

·                  Si nous anthropomorphisons la chose, nous obtenons :

  • l'Esprit-Dieu
  • et la Déesse-Matière ;

c’est-à-dire un couple divin. Et ce couple, en s’unissant, a créé le monde visible (le monde physique, bassement matériel – l’ici-bas) et invisible (le monde métaphysique ou spirituel – l’au-delà) ainsi que toutes les créatures qui se meuvent en son sein.

               La Bible, dès la Genèse (chapitre 1, verset 2), nous parle de ce couple divin en ces termes : « l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux ».

               Pourquoi les eaux furent-elles utilisées depuis la plus haute antiquité pour symboliser la substance ou matière dont sont faits le monde et toutes les choses de ce monde et tous les êtres de ce monde ? Simplement parce ce que l’eau emprunte la forme de tous les conteneurs dans lesquels on la déverse. Si le conteneur a la forme d’un ballon, l’eau à l’intérieur épousera fidèlement la forme du ballon ; si le conteneur a la forme d’un cube, l’eau à l’intérieur épousera fidèlement la forme du cube ; etc. Ceci nous montre que la substance ou matière dont est fait le monde et tout ce qui le compose est une seule et même substance/matière qui emprunte juste toutes les formes qu’on sait : ici la forme d’un arbre, là la forme d’un nuage ou d’un être humain, ailleurs la forme d’un animal, d’une entité spirituelle ou d’une divinité, ailleurs encore la forme du feu, de l’eau, de l’air ou de la terre, etc.

               Et ce qui donne telle ou telle forme à cette eau (à cette substance ou matière universelle) c’est l’esprit. C’est l’Eprit-Dieu qui, en s’unissant à la Déesse-Matière, lui donne ses multiples formes dans la nature, concevant tout ce qui existe.

               Cette réalité dépeinte par l’occultisme a été reprise par le christianisme sous les traits du culte rendu à la Vierge Marie.

               Le prénom « Marie » vient de « mare » ou « mara » qui veut dire « la mer ». On retrouve ici notre vaste étendue d’eau qui s’étend à perte de vue ; il y a de l’eau, rien que de l’eau, partout. Il y a cette substance ou matière universelle partout. Il n’y a que cela à la base. Cela et, « au-dessus de ces eaux », « au-dessus de cette Déesse-Matière », l’esprit de Dieu, l’Esprit-Dieu qui, dans le culte de la Vierge Marie, est appelé l’Esprit Saint ou le Saint Esprit.

               À la base cette substance ou matière universelle est dans un état indifférencié. C’est-à-dire qu’en observant cette substance ou matière vous ne pourriez pas dire : « Il y a ici une chose et il y a là autre chose », pour l’heure tout se confond, tout ne fait qu’un. C’est aussi un chaos pour nos sens car ceux-ci ne peuvent en réalité rien percevoir ici puisque toute perception signifie qu’il y a déjà « différenciation » : il y a moi d’un côté, le sujet qui perçoit, et d’un autre côté ce qui est perçu. Et c’est la raison pour laquelle nombre de religions parlent de l’univers à ses débuts comme étant un chaos. D’autres en parlent comme étant « les ténèbres », c’est-à-dire l’impossibilité d’en extraire quoi que ce soit qui puisse être appréhendé par la conscience ou par les sens. Cet océan de substance ou matière est donc VIERGE et c’est pourquoi on parle de la « VIERGE MARIE » (mara/mare la vierge) ou de la « Vierge Céleste ».

               Dans le culte rendu à la Vierge Marie, celle-ci est approchée alors qu’il fait encore noir (la nuit des temps) par le Saint Esprit. Ce dernier s’unit à elle. C’est l’Esprit-Dieu qui s’unit à la Déesse-Matière. Et il en résulte que Marie est enceinte, elle porte dans son ventre le fils de Dieu. C’est l’Esprit-Dieu qui s’unit à la Déesse-Matière, c’est l’Esprit qui s’unit à la substance/matière universelle qui est encore Vierge (sans formes, indifférenciée), et en s’unissant ainsi à cette mer de substance/matière qui s’étend à l’infini, celle-ci se met à emprunter toutes les formes qu’on sait, celles du monde invisible, celles du monde visible, et celles de toutes les créatures de l’univers. La Déesse-Matière, d’abord Vierge Céleste, est ainsi devenu la Mère du Monde, comme la Vierge Marie est devenue la mère de Jésus, la mère de Dieu (Dieu fait chair).

               On comprendra ici mieux la raison pour laquelle le culte fait de Marie « la mère de Dieu ». Ce qui revient en quelque sorte à Dire que Dieu le Père s’unit à elle, et que de cette union naît Dieu le Fils, qui est le même Dieu mais descendu dans la chair, c’est Dieu le Père fait chair. Jésus lui-même ayant dit que Dieu et lui ne faisaient qu’un. Pour comprendre de quoi il retourne ici il faut se figurer les choses ainsi : À la base, tout ne fait qu’un. Mais cette unité est composée de deux éléments de base que sont l’esprit et la matière. C’est notre Esprit-Dieu et notre Déesse-Matière, notre couple divin, celui qui engendrera le monde. Dans ce tableau, nous ne voyons jamais l’Esprit-Dieu, Dieu le Père, celui-ci reste à jamais caché, tout comme nous ne le voyons pas dans le culte de la Vierge Marie, il demeure caché. Pour quelle raison ? Car nos sens ne perçoivent que la substance/matière (la Déesse-Matière, Marie, mara/mare) et les différentes formes qu’elle emprunte sous l’impulsion de l’esprit universel (l’Esprit-Dieu, l’esprit de Dieu se mouvant au-dessus des eaux). Nous ne connaissons donc Dieu (l’Esprit-Dieu) qu’à travers les formes qu’emprunte la matière (la Déesse-Matière) à son contact. Ce qui revient à dire ce qu’a dit Jésus, parlant en langage symbolique, à savoir qu’on ne peut connaître Dieu le Père qu’à travers Dieu le Fils (symbolisé par Jésus-Christ).

               C’est en effet à travers les multiples formes qu’emprunte la substance ou matière universelle dans la nature que nous pouvons connaître Dieu et ses lois, ou la Création de Dieu et sa volonté. Sans ces différentes formes empruntées par la substance/matière universelle, celle-ci resterait indifférenciée, un chaos pour nos sens, des ténèbres pour notre conscience. C’est parce que la substance ou matière universelle s’est différenciée, c’est parce qu’elle s’est mise à emprunter des formes diverses et variées que le monde visible et invisible est venu à l’existence, ainsi que tout ce qui compose ce monde, ainsi que toutes les créatures qui évoluent au sein de ce monde visible et invisible. Nous existons par ce fait, et c’est par ce fait aussi que nous pouvons contempler les choses du monde et les comprendre, saisir les lois divines ou universelles qui sous-tendent la Création. Ce qui revient à dire que c’est par Dieu le Fils (ce monde formel, représenté symboliquement par Jésus, fils de Marie) que nous parvenons à connaître Dieu le Père et ses lois, sa volonté.

               Dieu, l’Esprit-Dieu, reste donc caché. Nous ne percevons que mara/mare/Marie (la mer de substance/matière universelle) qui d’abord était Vierge (indifférenciée), Vierge Céleste, avant de devenir la Mère du Monde (différenciée) au contact de l’Esprit-Dieu (Dieu le Père) qui, en pensant le monde, a modelé les formes de ce monde (et de tout ce qu’il contient, les choses comme les êtres) au sein de cette Déesse-Matière, comme un conteneur fixe la forme de l’eau qu’il contient (forme d’un ballon, d’un cube, etc.).

               Graphiquement, tout cela pourra être représenté comme suit.

               (Vous verrez ici les liens étroits qui s’établissent entre ces informations spirituelles, ésotériques, et le mot MANGA tel que j’ai pris la liberté de le définir.)

               L’œil, c’est nous qui regardons, percevons. Et la seule chose que nous percevons, à la base, c’est la ligne droite qui évoque la Vierge Céleste, l’océan de matière/substance indifférenciée qui s’étend à perte de vue. Nous ne voyons pas ce qu’il y a de l’autre côté du voile de la matière/substance : l’Esprit-Dieu, l’Esprit Saint ou le Saint Esprit, évoqué par la ligne du dessus qui est une ligne de tirets. Cet Esprit-Dieu demeure caché.

               Cet Esprit-Dieu ou Esprit de Dieu qui demeure caché au-delà du voile de la matière ou qui est renfermé dans le voile de la matière et que nous ne voyons pas, nous rappellera, dans le mot manga, le Soleil caché que renferme la substance ou matière universelle qui s’étend à perte de vue. Le Soleil est donc ici le symbole de l’Esprit-Dieu (la ligne composée de tirets – c’est l’Esprit de Dieu qui se meut au-dessus des eaux). Et, en effet, l’ésotérisme fait du Soleil le représentant ou symbole du Logos solaire (l’Esprit grandiose qui a pour corps notre système solaire et qui fait donc office de « Dieu » au sein de ce système solaire).

               Cet Esprit-Dieu (la ligne de tirets du haut), uni à la Déesse-Matière (la ligne continue du bas), pense le monde, et cette pensée du monde et de tout ce qui le compose, les choses comme les êtres, s’imprime dans la substance/matière (la Déesse-Matière, la ligne continue du bas, le vaste océan de substance/matière, mara/mare la vierge) qui alors emprunte des formes correspondantes, cessant d’être vierge, indifférenciée, pour être différenciée, présentant des formes diverses et variées, celles du monde visible et invisible et de tout ce que ce monde contient, les choses comme les êtres, devenant ainsi la Mère du Monde, ou, dans le culte chrétien de la Vierge Marie, la mère de Jésus-Christ, la mère de Dieu (Dieu fait chair).

               Nous ne voyons pas ici l’Esprit-Dieu (la ligne de tirets du haut), nous ne voyons toujours et encore que la Déesse-Matière (la ligne continue du bas), et c’est par les formes que cette Déesse-Matière emprunte sous l’impulsion de l’Esprit-Dieu que nous devinons l’existence de cet Esprit-Dieu au dessus de cette Déesse-Matière ou enfermé/caché en elle, dans son sein, comme notre propre esprit (celui des humains) est renfermé dans notre corps (substance ou matière). « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, et ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, pour faire les miracles d’une seule chose », disait Hermès Trismégiste. C’est, je le redis, dans le mot manga, le Soleil caché (l’Esprit-Dieu) que renferme l’océan de substance/matière qui s’étend à perte de vue (la Déesse-Matière).

               Ceci fait que, au cours de notre histoire, celle de l’humanité,  la divinité suprême, ça et là, a tantôt été représentée sous les traits masculins (Dieu), tantôt été représentée sous les traits féminins (Déesse), ou tantôt représentée sous les traits d’un hermaphrodite (entité ayant les deux sexes) ou d’une créature asexuée (sans sexe). Car si l’Esprit-Dieu (entité masculine, « Dieu le Père ») se meut au-dessus des eaux, il peut-être considéré comme la divinité suprême. Mais puisqu’il demeure à jamais caché et ne se manifeste qu’à travers la Déesse-Matière (entité féminine), nous pouvons considérer que la divinité la plus élevée que nous puissions percevoir ou concevoir est cette Déesse-Matière, entité féminine : la Vierge Céleste et/ou la Mère du Monde. Et puisque ce couple divin est inséparable, formant une unité parfaite, on peut y voir une entité unique ayant les deux sexes, une entité hermaphrodite, « l’hermaphrodite divin », ou une entité unique non genrée puisque le genre perd de sa signification (il n’a plus vraiment de sens) quand vous êtes les deux en même temps.


V – CE QUE CELA IMPLIQUE POUR LE

 BÉDÉASTE OU MANGAKA


               Ces considérations ésotériques n’ont que peu de valeur pratique pour le bédéaste ou mangaka. Ces propos ont surtout une valeur théorique, lui permettant d’étendre sa compréhension des choses. Mais, pourrait-on se demander, pourquoi le mot manga recèle-t-il cette signification secrète ? Simplement parce l’artiste qui crée une bande dessinée ou un manga accomplit une œuvre de création à l’image du couple divin :

  • il joue lui-même le rôle de l'Esprit-Dieu, puisque c'est lui, l'artiste, qui crée son monde (sa BD) avec toutes les créatures (les personnages) qui se meuvent en son sein ;
  • et il joue aussi le rôle de la Déesse-Matière en ce sens qu'il manipule par ce biais tous les matériaux visibles (papier, crayon, encre, logiciel, etc.) et invisibles (ses idées) qu'il utilise pour façonner ce monde (sa BD) et ses créatures (les personnages de cette BD).
               Le bédéaste est, vis-à-vis de sa BD, la divinité suprême.

               Ainsi, à chaque fois qu’un artiste crée un manga, un comic book ou une bande dessinée, il reflète par son acte créateur l’acte divin de la Création.


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