Le pouvoir positif et négatif du discours intérieur : une arme à double tranchant que nous devons apprendre à manier avec prudence


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On dit souvent que pour toute chose qu'il y a dans la nature, il existe son contraire. Cette règle ne s'applique évidemment pas à tout, vous ne diriez pas, par exemple, qu'il y a d'un côté des pommes ou des bananes et qu'il y a de l'autre côté le contraire des pommes et des bananes, "le contraire des pommes et des bananes" n'existe simplement pas. Nous affirmons ce principe, celui de la dualité ou de l'ambivalence, là où il doit s'appliquer : dans tous les couples d'opposés que l'on constate dans la nature, en soi ou autour de soi :
  • l'amour et la haine ;
  • la joie et la tristesse ;
  • le jour et la nuit ;
  • la conscience et l'inconscience ;
  • Dieu et Diable ;
  • les anges et les démons ;
  • l'homme et la femme ;
  • le plus (+) et le moins (-) ;
  • la vie et la mort ;
  • le paradis et l'enfer ;
  • la richesse et la pauvreté ;
  • le proche et le lointain ;
  • l'intérieur et l'extérieur ;
  • le chaud et le froid ;
  • l'attraction et la répulsion ;
  • l'intelligence et la stupidité ;
  • l'honnêteté et la malhonnêteté ;
  • le haut et le bas ;
  • la droite et la gauche ;
  • la vitesse et la lenteur ;
  • la marée haute et la marée basse ;
  • l'ouverture et la fermeture ;
  • oui et non ;
  • etc.
Nous constatons la présence d'une telle dualité ou ambivalence en nous, dans notre manière de penser et dans ses effets, je vais être plus précis : dans le pouvoir positif et négatif de notre discours intérieur.

Qu'est-ce que le discours intérieur ? Ce sont les pensées verbales ou non qui nous traversent, qui nous habitent, que nous nourrissons. Nous avons sans cesse des pensées, plus ou moins. Il est certes possible de réduire la production de pensées et de faire le vide dans sa tête, mais, dans notre état normal, habituel, nous pensons tout le temps à des tas de choses. Des choses importantes ou des futilités. Parfois nous prenons conscience de penser à ceci ou à cela et nous sommes capables de dire "j'ai pensé à ceci ou à cela" ; parfois nous ne faisons pas la moindre attention à ce à quoi nous pensons, et nous le reconnaissons "je ne me souviens plus des pensées qui m'ont traversé entre tel et tel moment". Notre pensée papillonne du matin au soir, et même la nuit, quand nous dormons, nos rêves sont la preuve que cette activité de la pensée n'a pas cessé mais se poursuit alors que notre corps est au repos.

Ces pensées que nous nourrissons peuvent être classées en 3 grands groupes :
  1. les pensées POSITIVES ;
  2. les pensées NEGATIVES ;
  3. les pensées NEUTRES.
Si je pense, par exemple, que "1 + 4 = 5", c'est une pensée neutre, elle ne m'inspire rien de positif, rien de négatif, elle ne soulève aucune émotion positive ou négative en moi. Des tas de pensées NEUTRES traversent notre esprit, chaque jour ; elle ne nous marquent aucunement de leur empreinte sur le plan émotionnel, elles ne soulèvent en nous aucune émotion. Cela ne veut pas dire qu'elles ne laissent aucune trace en nous. Elles peuvent en laisser une, assurément, sur le plan mental : le fait de retenir un texte par cœur, par exemple, relève de ce phénomène (impression mentale) et ne remue aucune émotion en nous, sauf si nous éprouvons de la joie à l'idée d'avoir réussi à retenir ce texte, etc.

Si je pense à tout le mal que m'a fait quelqu'un, ou à tout le mal que cette personne cherche à me faire, il est possible que cette pensée éveille en moi quelque émotion déplaisante : de la contrariété, de la tristesse, de la peur, une certaine gêne, un certain malaise... Ou bien je repense à mes échecs, aux difficultés nombreuses que je rencontre dans ma vie de tous les jours, à la maladie qui terrasse ou a emporté un proche, mes enfants peut-être, et, là encore, il n'est pas impossible que ces pensées, si lourdes émotionnellement, en principe, éveillent en moi quelque malaise, un mal-être intérieur, des émotions négatives. Ce sont ces pensées-là, qui sont ainsi chargées négativement sur le plan émotionnel, que nous appelons "pensées NEGATIVES".

NOTE : Une pensée peut être négative même si elle ne soulève aucune émotion négative en soi, mais laissons de côté ces pensés-là. Intéressons-nous plutôt à telles pensées dont la négativité a tendance à éveiller en nous un état sombre, morbide, négatif. Car je veux ici mettre l'accent sur un phénomène en particulier.

Les pensées POSITIVES sont quant à elles celles qui sont en mesure d'éveiller en nous des impressions agréables sur le plan émotionnel : joie, paix, courage, honneur, sentiment d'abondance, de réussite, bonheur, etc.

En bref :
  1. il y a des pensées qui vous font vous sentir bien et qui servent vos intérêts en vous rapprochant de l'idéal (moi idéal & vie idéale) ;
  2. il y a des pensées qui vous font vous sentir mal et qui desservent vos intérêts en vous faisant choir dans le sadomasochisme (sadisme = destruction dirigée vers l'extérieur, vers les autres ; masochisme = destruction dirigée vers l'intérieur, vers soi-même) ;
  3. et il y a des pensées qui ne vous font ni chaud ni froid.
Ainsi, ce à quoi nous pensons nous impacte intérieurement :
  • si nous n'avons que des pensées NEUTRES, celles-ci n'exerceront sur nous aucune influence ni positive ni négative ;
  • si nous n'avons que des pensées NEGATIVES, celles-ci auront pour conséquence : 1) de nous plonger dans des états intérieurs désagréables ; 2) de multiplier les difficultés dans notre vie de tous les jours (car on se doute, par exemple, qu'une personne qui veut réussir, disons, dans la musique, aura toutes les peines du monde à donner le meilleur d'elle-même s'elle est constamment en train de broyer du noir, de se voir comme une piètre musicienne, sans talent, etc.) ;
  • si nous n'avons que des pensées POSITIVES, celles-ci auront pour conséquence : 1) de nous mettre dans des états intérieurs (très) agréables ; 2) de réduire nos difficultés dans notre vie de tous les jours (car on se doute, par exemple, qu'une personne qui veut réussir, disons là encore, dans la musique, aura toutes les chances d'y arriver s'elle est motivée, dans d'excellentes dispositions intérieures, se donnant à fond et dans la bonne humeur, sure de ses capacités, de son potentiel, et ayant foi en sa réussite à venir).
Habituellement, toutes ces pensées se mélangent en nous : nous avons des pensées neutres, des pensées positives, des pensées négatives, et nous n'exerçons quasi aucun contrôle sur elles, nous laissons venir ce qui veut venir, conformément à notre tempérament. Une personne polarisée mentalement, comme un grand intellectuel qui penserait froidement à tout, pourrait avoir des tas de pensées positives ou négatives, sans en éprouver le moindre frétillement émotionnel. Ses pensées sont alors neutres dans leur globalité, alors que ces mêmes pensées seraient chez d'autres personnes chargées émotionnellement. Une personne ordinaire est souvent polarisée émotionnellement, et, selon son tempérament, bien incliné ou mal incliné, elle se charge ou bien de davantage de pensées positives (c'est une personne optimiste, par exemple), ou bien de davantage de pensées négatives (c'est une personne pessimiste, voire dépressive, etc.). Ou, quand la personne est polarisée émotionnellement mais fait montre d'un certain équilibre, les deux types de pensées se partagent sa conscience, son être de manière, dira-t-on, "raisonnable" : elle est tantôt traversée par des pensées négatives quand elle a de bonnes raisons d'en avoir, et elle est tantôt traversée par des pensées positives quand elle a de bonnes raisons d'en avoir.

Selon la façon dont vous pensez, vous pouvez ou bien favoriser votre bonheur (pensées positives), ou bien favoriser votre malheur (pensées négatives), vous pouvez ou bien être votre meilleur ami sur le chemin que vous voulez suivre (pensées positives), ou bien être votre pire ennemi sur ce chemin (pensées négatives). C'est pourquoi j'ai parlé de ce discours intérieur comme étant une arme à double tranchant (capable de vous faire du bien ou du mal) qu'il faut apprendre à manier avec prudence.

L'être humain, en effet, qu'on se le dise, n'a pas à être que le jouet ou le pantin de ses pensées. Il peut prendre le contrôle de tout cela et décider d'avoir ou bien des pensées neutres (en s'efforçant de penser froidement en toute circonstance - ce qui n'est pas forcément une bonne chose), ou bien d'avoir volontairement des pensées négatives, désagréables (ce qui ne serait pas très futé de sa part), ou bien d'avoir volontairement des pensées positives, agréables (ce qui est beaucoup plus sage).

Répétons ici les 2 vertus principales de la pensée positive :
  1. penser positivement nous met intérieurement dans des états (très) agréables ;
  2. penser positivement nous facilite les choses en tout car nous prenons tout de la meilleure manière qui soit.


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