"Que le monde s'effondre ! il n'y a plus rien ni personne à sauver !" ou un sentier vers la sociopathie et la psychopathie
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I - Le genre de pensées qu'il vaut mieux éviter de nourrir
Certaines considérations manquent toujours d'effleurer la pensée des gens car ceux-ci sont peu nombreux, en vérité, dans notre société, à s'intéresser aux choses de l'esprit, du monde métaphysique, des lois occultes ou universelles, divines, naturelles, et ne tiennent aucunement compte des phénomènes qui les peuvent lier, au cours d'une incarnation, à l'incarnation précédente ou suivante. Mais quiconque se met à penser à sa vie comme étant non pas unique mais une vie parmi d'autres, une vie qui succède à d'innombrables autres vies et qui donnera suite à quantité d'autres vies, à la façon dont un collier de perles représente symboliquement ces multiples incarnations, de par ses multiples perles, et le lien qui les relie toutes, de par la ficelle, la même, qui traverse chacune de ces perles, quiconque pense ainsi, dis-je, ne peut manquer de se demander si le fait d'adopter tel ou tel état d'esprit, aujourd'hui, n'est pas en capacité d'influer sur le genre d'incarnation qu'il vivra demain.
C'est en me penchant sur ce sujet et sur un genre de pensées que beaucoup de personnes nourrissent à notre époque que j'en suis venu à réaliser la dangerosité de ces pensées.
Quelles sont ces pensées ? Des tas de gens, qui n'ont pourtant rien de mauvais, je veux dire par là qu'ils ne sont pas particulièrement enclins au mal mais plutôt désireux de suivre le chemin du bien, se disent, face à la situation que nous rencontrons dans notre société, aujourd'hui, pour ne pas dire dans le monde, qu'il n'y a plus rien à sauver. Ils se disent que tout le système est corrompu, ou que tous les systèmes sont corrompus, aux mains d'une mafia, aux mains de gens mauvais qui ont pris le pouvoir, ils font aussi le constat que la plupart des gens râlent mais ne font rien pour changer les choses, adoptant l'attitude qui a été dénoncée par La Boétie dans son DISCOURS DE LA SERVITUDE VOLONTAIRE, et qu'à ce stade il n'y a donc plus rien à sauver, ce n'est plus telle ou telle branche pourrie qu'il faudrait couper mais l'arbre tout entier. Ils adoptent le point de vue qui prône le fait de "détruire pour reconstruire". Et dans l'idée cette destruction d'un monde totalement pourri pour reconstruire, construire un monde meilleur, n'apparaît pas au premier abord comme une pensée négative mais plutôt positive : on accepte l'idée que le mal a tout rongé, on accepte l'idée qu'on ne peut plus rien faire, qu'il n'y a plus rien à sauver, pensée qui est encouragée par notre propre impuissance face à tout le mal auquel on assiste au sein de notre société ou dans le monde, et l'on se dit qu'il n'est pas plus mal d'attendre patiemment que tout ce monde mauvais s'effondre pour construire, ensuite, un monde meilleur, en repartant de zéro.
N'est-ce pas ce qu'on devrait tous faire ? quand tout a échoué ? tout foutre en l'air et recommencer à zéro ?
On pourrait presque y voir une forme de sagesse.
Maintenant, considérez un instant ces pensées :
- "Le monde est pourri, ou la société est pourrie, il n'y a plus rien à sauver, autant tout détruire, autant tout laisser s'effondrer, pour tout recommencer à zéro."
- "Les gens râlent mais ne font rien pour changer les choses, ils ne s'opposent pas au pouvoir en place, ils le laissent faire ; la majorité des gens ne mérite pas la peine qu'on se donne pour lui ouvrir les yeux, la sensibiliser à ce qui est en train de se tramer, à la nécessité de réagir, de s'opposer à tout ça... Que tous ces gens aillent au Diable ! Vous ne voulez pas réagir ? ne réagissez donc pas ! et ne comptez pas sur moi pour continuer à dépenser mon énergie et à prendre des risques pour vous, vous ne le méritez pas ! par votre laisser-faire, votre servitude volontaire, vous me donnez la nausée, vous méritez tout ce qui vous arrive, y compris le pire !"
Des tas de gens, dans la "résistance", se sont mis à penser ainsi, dans ces termes ou dans des termes analogues, de plus en plus souvent. Ils sont lassés des efforts qu'ils ont fournis pour éveiller les consciences et en arrivent à ce point où il leur apparaît comme évident qu'il ne vont pas pouvoir faire grand-chose de plus pour améliorer les choses dans la société, en ce bas monde, pour éveiller les consciences. Ils ne vont pas frapper les gens pour que ceux-ci ouvrent les yeux ! même en les frappant très fort, leurs yeux resteraient fermés. Ils se disent que la meilleure chose à faire maintenant est de laisser ce monde s'effondrer, et de laisser les gens se démerder, et tant pis si les masses plongent dans l'enfer du totalitarisme, car c'est ainsi qu'on apprend, souvent par la douleur qu'on enfante des points de vue différents, des réactions nouvelles, possiblement salutaires.
Quel est le problème alors ?
Quand on tient compte de la réincarnation et de ce qui nous suit dans l'au-delà pour ensuite modeler notre prochaine incarnation, il apparaît clairement que certaines pensées risquent de faire de nous des gens mauvais. Peut-être ne font-elles pas de nous aujourd'hui des gens mauvais, mais demain, lors de notre prochaine incarnation, elle peuvent exercer une influence néfaste sur notre mentalité et nous conduire à des attitudes pernicieuses, destructrices.
Prenons la première pensée, celle qui nous parle du monde pourri jusqu'à l'os, celle qui nous dit qu'il n'y a plus rien à sauver, qu'il vaut mieux que tout cela s'effondre, que tout cela soit détruit, pour reconstruire, repartir à zéro. Cette pensée, aujourd'hui, vous la liez à la situation du jour. Vous faites le constat d'un monde très imparfait, le constat de votre incapacité à améliorer les choses, à réparer ceci, à redresser cela, et vous vous dites donc qu'à ce stade il n'y a plus rien à sauver, autant tout détruire. Cette pensée qui aujourd'hui apparaît légitime vous reviendra demain, cela est possible si vous n'y prenez pas garde, sous une autre forme. Vous aurez naturellement tendance à voir le monde ou la société comme un quelque chose qui n'a aucune valeur ou si peu de valeur qu'il est ridicule de chercher à faire le bien. Vous serez naturellement enclin à la destruction. Vous aurez développé cette inclination naturelle à la destruction, vous prendrez plaisir à voir la destruction, vous aurez envie de prendre part à la destruction du monde, de la société. À chaque fois qu'une bombe explosera, faisant des dégâts et des victimes, le spectacle aura pour vous un quelque chose de jouissif, comme si vous vous rapprochiez d'un but salutaire. À chaque fois que les éléments naturels (tremblement de terre, tornade, incendie...) se déchaîneront, causant des destructions et des décès, vous vous réjouirez pareillement. À chaque fois que vous assisterez à un accident qui aura coûté la vie de plusieurs personnes, vous vous réjouirez et en redemanderez. Et si vous avez la possibilité de participer à ces actes de destruction et de réduction de la population mondiale, vous y participerez avec le sourire aux lèvres. Car vous aurez conservé de votre précédente incarnation le sentiment que le monde est pourri, qu'il vaut mieux tout détruire pour reconstruire. Vous viendrez donc au monde avec ces sentiments en vous, sans les rattacher à quoi que ce soit qui puisse les légitimer. Vous serez juste habité par ces sentiments, cet appétit, ce goût prononcé pour la destruction et la mort.
Considérez l'autre pensée, maintenant, celle qui vous fait dire que les gens râlent beaucoup mais ne font rien, qu'ils sont comme des moutons qui acceptent tout, y compris le pire, qu'ils sont indignes des efforts que vous fournissez pour les réveiller, les pousser à des réactions saines, salutaires. Considérez cette pensée qui vous pousse à dire que ça sert à rien de vous démener pour tous ces gens-là, "ils peuvent tous crever ! tant pis pour eux !". Même si des gens n'en arrivent pas à penser en des termes aussi négatifs, ils le font en des termes analogues. Et quel sera l'impact possible pour la prochaine incarnation ? La personne aura intégré l'idée que les humains dans leur globalité, dans leur ensemble, dans leur majorité, sont des êtres méprisables qu'on ferait bien d'effacer de la surface de la Terre. Nous aurons là une personne atteinte de sociopathie, de psychopathie, qui n'aura que faire de la vie d'autrui et qui n'hésitera pas à la briser pour satisfaire ses envies ou soulager ses frustrations, qui n'hésitera pas à la briser à la moindre contrariété.
Ainsi, les résistants d'aujourd'hui, en adoptant les pensées dépeintes plus haut, peuvent devenir lors de leur prochaine incarnation le genre de personnes abjectes qu'elles abhorrent et dénoncent présentement.
II - Par quel genre de pensées devons-nous remplacer ces pensées problématiques ?
C'est le problème qui se pose à nous aujourd'hui :
- Nous nous démenons pour ouvrir les yeux d'autrui, pour changer les choses, pour empêcher l'ennemi de nous atteindre, de prospérer, mais nous faisons le constat de notre impuissance à éveiller suffisamment les gens et à faire barrage à l'ennemi, à le renverser.
- Et nous ne pouvons pas juste laisser faire en attendant que tout s'effondre pour reconstruire, repartir de zéro, car, en vérité, rien ne nous dit qu'après un tel effondrement les choses iront mieux pour nous - on peut toujours faire pire et la vie sur terre pourrait bien être pire alors.
- Et nous ne pouvons pas non plus alimenter les pensées de rejet et de mépris à l'encontre des masses, malgré leur servitude volontaire qui nous révulse et nous incite à penser "Tant pis ! démerdez-vous ! allez tous au Diable ! vous ne méritez pas les efforts qu'on fournit pour vous !"
Que faut-il faire ? Quelles pensées faut-il adopter en l'occurrence pour livrer bataille (épée du guerrier), nous protéger (bouclier du guerrier), et pour ne pas, dans notre prochaine incarnation, tomber si bas ?
Il faut tout simplement :
- Penser les problèmes du monde. Non pas tous les problèmes, évidemment. Nous n'avons pas assez d'une seule tête ni d'une seule vie pour penser à tous les problèmes du monde. Nous devons penser aux problèmes qui s'imposent à nous et qui nous interpellent, personnellement, soit parce qu'ils nous touchent personnellement, ou parce qu'ils touchent nos proches, ou les gens autour de nous, ou parce que ce sujet attire, pour X ou Y raison, notre attention, faisant vibrer une corde sensible en nous. Nous nous sentons concernés, il est donc normal de nous pencher sur ces problèmes, ceux qui nous parlent.
- Et nous devons chercher à résoudre ces problèmes d'une manière ou d'une autre. Nous n'y arriverons pas toujours, nous ne saurons pas toujours ce qu'il faut faire pour les résoudre, mais nous pouvons essayer, dans la stricte mesure de nos possibilités. Et si nous ne pouvons pas déplacer des montagnes, nous déplacerons de petits cailloux et ce sera aussi très bien, nous aurons apporté notre pierre - si moindre soit-elle - à l'édifice. Nul ne vous demande de faire plus que ce que vous êtes capable de faire. Agissez dans la stricte mesure de vos capacités.
- Mais la vie ce n'est pas qu'un combat. Vivre c'est aussi vous engager dans des actions concrètes pour vous rapprocher de vos idéaux (moi idéal & vie idéale). Vous ne devez donc pas laisser le combat vous éloigner de ces idéaux. Chaque jour vous devez œuvrer à la construction de votre vie heureuse, épanouie, autant qu'il est possible. Vous accorderez donc du temps et de l'énergie au combat, mais aussi et surtout du temps et de l'énergie à la construction de vos idéaux, à la réalisation de vos rêves. Vous vous emploierez dans votre vie de tous les jours à faire ce qu'il faut pour être heureux et mener le genre de vie que vous avez envie de mener. C'est important. La société, c'est vous, c'est moi, c'est monsieur X et madame Y, c'est tout le monde, c'est chacun d'entre nous. Si nous voulons vivre dans une société parfaite, dans un monde idéal, c'est dans notre propre vie de tous les jours qu'il faut commencer. La lumière qui doit éclairer le monde, c'est à vous de la porter déjà dans votre propre vie de tous les jours. C'est la base de toute action saine vis-à-vis de la société humaine.
- Enfin, il vous faut continuer d'éclairer la lanterne d'autrui quand vous êtes en mesure de le faire, d'expliquer les choses aux gens. Mais si le reste du monde refuse de vous suivre "dans vos délires", si les gens refusent d'entendre raison, si les masses se laissent faire encore et toujours, comme des moutons qui se précipitent d'eux-mêmes vers l'abattoir, plaignez-les, prenez-les en pitié au lieu de le mépriser. Le résultat ne sera pas du tout le même en vous, psychiquement, psychologiquement, ni pour votre prochaine incarnation. Quand vous prenez les masses en pitié, quand vous les plaignez, vous voulez le meilleur pour elles ; quand vous les méprisez, vous avez tendance à leur vouloir du mal ou à ne plus vous émouvoir quand le mal les frappe. Vous n'êtes pas obligé de crier sur les toits que vous plaignez les masses, que vous les prenez en pitié, faites-le en votre for intérieur, mais - je le répète - ne les méprisez pas. Au lieu de vous dire "tant pis pour eux", prenez conscience qu'en adoptant l'attitude que les gens adoptent, ils vont droit dans le mur ou dans le gouffre, ils en souffriront de mille et une manières. Voyez cette réalité en face et soyez désolé que le monde en soit arrivé là.
- Vous ne pouvez pas forcer les gens à comprendre les choses comme vous les comprenez, vous ne pouvez pas les forcer à faire ce que vous faites. Faites ce que vous avez à faire de votre côté, incitez-les à faire comme vous si vous pensez que c'est ainsi qu'on doit agir et penser, puis laissez-les décider eux-mêmes de ce qui leur convient le mieux, ne leur en voulez pas s'ils ne vous écoutent pas, ne les méprisez pas, soyez indulgent envers eux. Et ayez confiance au destin. Ce que l'homme n'est pas capable de comprendre de lui-même ou en entendant les autres, l'avenir se chargera de le lui faire comprendre par le truchement des épreuves et de la souffrance. Et ceux qui font le mal finiront tous par le payer un jour ou d'autre, en ce bas monde ou dans l'au-delà, d'une manière ou d'une autre.
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