L'âme se ressource dans le sommeil et dans la mort
Il ne faut bien sûr pas être pressé de mourir, puisque si nous sommes venus au monde ce n'est pas sans raison, ce n'est pas pour nous replonger immédiatement dans l'au-delà mais pour vivre sur la terre, dans notre corps de chair, un certain nombre de choses. De même, nous ne devons pas être pressés de dormir, le sommeil est une nécessité mais nous n'avons pas à passer nos journées au lit, endormis, la vie est faite pour être vécue. Mais il faut reconnaître que l'existence humaine, qui ne se réduit pas à la vie charnelle, à l'incarnation, est entrecoupée de périodes durant lesquelles l'âme rejoint l'au-delà, le monde métaphysique ou spirituel, et ce phénomène se reproduit plusieurs fois durant l'incarnation-même par le truchement de ce que nous appelons "le sommeil". Le sommeil peut ainsi être vu comme une "petite mort", et la mort peut quant à elle être vue comme un "long sommeil". Les deux, le sommeil comme la mort, aboutissent non pas à l'anéantissement de l'âme, mais à son plongeon dans le monde métaphysique ou spirituel (l'au-delà), puis au retour à la vie charnelle : c'est le réveil qui suit le sommeil, c'est la réincarnation qui suit le décès.
On comprend mieux pourquoi les anciens Grecs faisaient de Thanatos (personnification de la mort) le frère jumeau d'Hypnos (le sommeil).
La loi des correspondances ou loi analogique a toujours été un instrument très précieux pour les occultistes qui s'en servent pour saisir les mystères de la nature les plus enfouis dans notre ignorance. Hermès Trismégiste disait en son temps que "ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, et ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, pour faire les miracles d'une seule chose". Si nous voyons le sommeil comme la mort et la mort comme le sommeil, nous pouvons avancer grandement dans la compréhension de ces deux phénomènes naturels et très utiles.
D'abord il nous faut prendre conscience que la vie sur terre est, sur le plan de la substance ou matière, ce qu'il y a de plus dense. Nous avons chuté dans la matière pour en arriver là et nous ne pouvons - pour ainsi dire - pas tomber plus bas. Mais si nous sommes tombés dans la matière, cela veut dire qu'à l'origine nous n'étions pas ici-bas mais ailleurs, au-delà de ce monde bassement matériel. Puisque toutes les traditions religieuses, spirituelles et ésotériques affirment la même chose, à savoir que tout procède de Dieu, de l'unité divine, nous pouvons facilement en déduire qu'à l'origine nos âmes embrassaient la douce chaleur de la lumière divine, nous vivions auprès de Dieu, auprès de l'unité divine. Nous étions en essence tels des dieux, des créatures divines, car tout ce qui baigne en Dieu est forcément divin. Nous avons donc chuté dans la matière, dévalant - pourrait-on dire - la montagne de notre existence, quittant le faîte de cette montagne, qui caressait le ciel et la lueur du soleil divin, pour aboutir au pied de ladite montagne, là où le sol est bien dur, et nous ne pouvons pas tomber plus bas.
La naissance dans un corps de chair est souvent vue comme une bénédiction, on salue ce miracle, celui de l'enfantement, celui de la naissance. Mais l'enfant qui vient au monde, lui, n'a pas l'air si heureux que ça, il pleure. Pour quelqu'un qui devrait se réjouir de cette naissance, il ne donne pas l'impression de partager l'enthousiasme des adultes qui se sont habitués à leur condition matérielle, physique. L'enfant, lui, ne s'est pas encore habitué à ces conditions, il vient à peine de quitter le monde métaphysique ou spirituel, et le voilà englué dans ce corps de chair, tombé dans le monde matériel, il a dévalé les marches pour se retrouver tout en bas. De ce point de vue, la vie au sein du monde physique, bassement matériel, peut difficilement être vue comme une bénédiction, c'est plutôt un malheur, car cette incarnation, ce plongeon dans la substance/matière physique, nous éloigne en réalité d'un cran de l'unité divine, de Dieu, de notre source première, originelle.
Ce plongeon dans la matière est cependant utile, nécessaire. Il est une école par laquelle nous devons passer pour apprendre et nous élever en conscience. C'est là son seul but ou son principal objectif. Nous pouvons pour cette raison nous réjouir, dire que cette incarnation est une bénédiction. Car chaque jour que le bon Dieu fait nous offre l'opportunité d'apprendre des choses et de progresser. Les épreuves de la vie elles-mêmes nous enseignent quantité de choses.
Mais il est vrai que l'incarnation nous fait chuter davantage dans la matière, nous éloignant de la source première, et cet éloignement peut être très éprouvant pour l'âme qui, ainsi éloignée du soleil divin qui la galvanise, a régulièrement besoin de s'élever vers cette source de lumière pour ne pas se noyer totalement dans la substance/matière, pour ne pas se perdre totalement dans les ténèbres, pour ne pas se corrompre tout à fait, de manière irréversible. C'est la raison pour laquelle durant toute notre incarnation nous faisons l'expérience du sommeil : chaque nuit (en principe) nous nous endormons ; et, ce faisant, nous quittons temporairement le plan physique pour nous ressourcer dans l'au-delà. Nous nous rapprochons ainsi d'un cran - voire davantage - de la source divine primordiale, ce qui permet à notre âme de se ressourcer. Et elle revient au monde, dans son corps de chair, ensuite, revigorée.
Et c'est aussi la raison pour laquelle notre existence physique est entrecoupée de décès : nous mourons pour nous éloigner plus longuement du monde physique, bassement matériel, et pour nous rapprocher par conséquent plus longuement, au sein du monde métaphysique ou spirituel, de la lumière du Très-Haut, permettant à notre âme de se ressourcer encore plus, tant et si bien qu'elle peut ensuite revenir sur terre, dans un nouveau corps, pour reprendre le fil de ses incarnations qui doivent, on l'a vu, avoir pour objectif de lui enseigner des tas de chose et de l'élever - en son âme et conscience - vers la divinité.
L'objectif est de faire de nous des dieux incarnés, comme l'ont été, à leur manière, tous les émissaires divins qui ont marqué leur temps : Jésus-Christ, Bouddha, Hermès Trismégiste, Franz Bardon, les Maîtres Morya et Koot-Houmi, etc.


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