La nuit porte conseil
Je me suis couché, plein de mauvaises pensées. Je me suis réveillé, elles avaient été chassées, remplacées par des pensées plus positives. Que s'est-il passé entretemps ? De quelle manière la nuit peut-elle être à ce point réparatrice ? Elle ne l'est pas toujours, mais elle l'est souvent. Comment expliquer ce phénomène ?
- Les pensées lourdes en fin de journée qui nous envahissent et nous font voir tout en noir s'effacent avec le sommeil, se dissolvant peu à peu ou chassées rapidement par d'autres pensées, meilleures ou juste différentes, ce qui fait qu'au réveil on est déchargé de ce poids, ce qui nous permet de penser de manière plus constructive, plus positive. Il faut juste prendre garde, ensuite, en journée, à ce que la cohorte des pensées négatives de la veille ne refasse pas surface pour nous replonger dans notre état négatif.
- Nous avons des aides, invisibles durant le jour, qui se manifestent davantage durant la nuit, comme on se rend chez un bon ami pour qu'il nous donne des conseils, et même si nous ne nous souvenons pas de ces contacts nocturnes, nous emportons avec nous, au réveil, la lumière qu'ils nous ont apportée.
Ceci, dans tous les cas, en dit long sur les objets de nos inquiétudes, de nos contrariétés, de nos peines, etc. Ils n'ont n'existence que sur la terre ferme, dans notre vie physique, et s'évanouissent, le plus souvent, sitôt que nous quittons ce monde pour le suivant, pour l'au-delà, pour le monde des rêves, le monde métaphysique ou spirituel. Loin de tous les drames petits et grands qui se jouent sur la surface de la terre, nous découvrons sur l'autre rive une vie qui en est éloignée, qui ne s'en occupe pas, ou qui ne s'en occupe qu'à la façon, pourrait-on dire, d'un missionnaire qui, quand la nuit tombe, rentre au camp pour dépeindre la situation et recevoir ses instructions, avant de retourner sur le champ de bataille. Ce que nous vivons sur la terre n'est rien de plus qu'une comédie dont nous sommes les acteurs. Et cette farce, sa nature illusoire, nous est révélée par Thanatos (personnification de la mort chez les anciens Grecs) et par son frère jumeau Hypnos (le sommeil).
La question que nous devrions nous poser, alors, est la suivante : "Si la vie que nous menons sur terre n'est qu'une farce, qu'un rôle que nous endossons, quelle est notre vie véritable, quelle est notre vraie personnalité ?" Cela, nous ne pouvons le découvrir, on dirait, qu'en nous tournant vers le moi qui n'est pas de ce monde (l'ici-bas, le monde physique) mais qui est de l'autre monde (l'au-delà, le monde métaphysique). Plus nous nous éloignons de notre vie d'en bas (la vie ici-bas, la vie au sein du monde physique) pour nous rapprocher de notre vie d'en haut (la vie dans l'au-delà, la vie au sein du monde métaphysique), plus nous accédons à cette autre conscience, supérieure, à cet autre moi, qui ne voit notre vie terrestre que comme une farce, une pièce de théâtre qui commence à la naissance dans la chair et qui s'achève à la mort du corps physique.
Doit-on mourir ou nous endormir pour accéder à cet autre moi, pour le comprendre, le découvrir ? Non, bien sûr. Car cela nous pouvons le faire en méditant, en plongeant en nous-mêmes et séparant le bon grain de l'ivraie.


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