La souffrance n'existe que sur le plan physique et affectif ; elle n'existe pas sur le plan mental et au-delà du mental


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On pourrait penser que la souffrance n'est pas que physique et affective (émotionnelle) mais qu'elle est aussi mentale. Ne présente-t-on pas les troubles mentaux, qui font souffrir tant de gens dans notre société, comme une "souffrance" ? La plupart des psys conviendraient, en effet, que la souffrance existe donc assurément aussi sur le plan mental. J'affirme quant à moi que ce n'est pas le cas et je vais en donner les raisons.

Considérons d'abord la souffrance physique. Si vous mettez votre main au feu, ou si je vous la perce en y plantant un clou, ou si je vous coupe un doigt, vous aurez mal, très mal. Votre système nerveux ne manquerait pas de vous signaler cette agression sous la forme d'une douleur intense, voire insupportable. Nous savons tous cela, nous avons fait l'expérience de la souffrance ou douleur physique dès notre plus jeune âge en tombant par terre et nous faisant mal, etc. Cela règle définitivement la question de la douleur ou souffrance sur le plan physique, elle existe, elle est une réalité.

Considérons maintenant ce que l'on appelle d'ordinaire la douleur ou souffrance psychique. C'est en réalité un composé de deux éléments :
  1. un élément mental (les pensées et croyances que nous nourrissons) ;
  2. un élément émotionnel, affectif (les émotions qui nous traversent, nos sentiments, notre humeur).
La douleur ou souffrance psychique se présente sous ces traits doubles :
  1. je nourris des pensées négatives,
  2. il en résulte que des impressions émotionnelles/affectives négatives, désagréables, sont suscitées en moi.
C'est ce qui nous fait dire, habituellement, que la souffrance est non seulement émotionnelle, affective, mais qu'elle est aussi mentale. Cette douleur ou souffrance psychique, telle qu'on la considère habituellement, est une souffrance ou douleur "psychoaffective " ("psycho" = l'esprit, le mental ; "affective" = l'affect, les émotions, les sentiments, l'humeur).

Retenons pour le moment que lorsque nous souffrons sur le plan psychique, nous sommes habités, au-dedans de nous-mêmes, par des impressions émotionnelles négatives, désagréables. Une personnes dépressive, par exemple, éprouve un grand mal-être au-dedans d'elle-même, ce mal-être est une impression émotionnelle négative, très désagréable.

Maintenant, pour savoir si la souffrance existe aussi sur le plan mental, il nous faut séparer les deux. Il nous faut séparer l'émotionnel, l'affect, du mental.


Pour ce faire, il nous faut essayer de penser mais sans ressentir la moindre émotion, le moindre sentiment. Nous devons laisser impérativement notre nature émotionnelle, affective, au repos, elle ne doit réagir aucunement à nos pensées, quelles qu'elles soient. La plupart des gens ont beaucoup de mal à faire cela, mais une personne qui s'adonne à la méditation régulièrement et qui a appris à calmer suffisamment sa nature émotionnelle en est tout à fait capable. Et que remarquons-nous quand nous faisons cela ? Nous remarquons que nous pouvons penser à tout "froidement", c'est-à-dire sans éprouver aucune émotion, ni bonne ni mauvaise. Autrement dit nous pouvons avoir des pensées positives sans éprouver, dans le même temps, en nous, rien qui soit de l'ordre d'une émotion positive, agréable ; et nous pouvons, de même, avoir des pensées négatives sans éprouver, dans le même temps, en nous, rien qui soit de l'ordre d'une émotion négative, désagréable. On peut donc avancer ceci :
  1. la souffrance psychique n'existe que par le truchement des émotions, de l'affect ;
  2. et si l'on empêche cette nature émotionnelle ou affective de se manifester, la souffrance dite "psychique" disparaît, car le mental pense "froidement" à tout - vous pouvez inonder votre mental de pensées négatives (ma vie est pourrie, je suis un échec sur pattes, je suis moche, pauvre, triste, personne ne m'aime, je n'ai pas d'amis, pas de travail, pas d'argent, ma santé est au plus mal, je vis sous un pont, tous les membres de ma famille sont morts, je suis victime de harcèlement, je viens d'apprendre une bien triste nouvelle, notre pays est en ruine, le monde court à la catastrophe, Macron est une calamité, Lula a lui aussi volé les élections, Trump ne nous sauvera pas, tous les gens qui ont été vaccinés sont biologiquement connectés à la 5G, etc.), s'il n'y a plus de réaction émotionnelle, affective, vous n'éprouverez au-dedans de vous-même aucune forme de souffrance, de douleur "psychique".
C'est ce qui me fait dire que la souffrance existe sur le plan physique et sur le plan émotionnel/affectif, mais elle n'existe pas au-dessus, c'est-à-dire dans la région du mental ou dans les mondes supérieurs (la région spirituelle & la région divine).

Cela ne veut pas dire, cependant, qu'il n'existe mentalement aucun état "négatif". Il existe bel et bien sur le plan mental un état négatif : c'est la confusion, c'est le fait d'ignorer une chose qu'on veut connaître, c'est le fait de ne pas comprendre, de ne pas parvenir à démêler le vrai du faux, de ne pas réussir à séparer le bon grain de l'ivraie, de ne pas trouver une solution à un problème, etc. Mes ces phénomènes mentaux, si négatifs soient-ils, ne génèrent aucune souffrance chez l'individu qui a mis sa nature émotionnelle au repos, la rendant inactive. Il pense "froidement" à tout cela, son esprit est confus, c'est un état négatif, mais l'individu lui-même ne souffre pas, il n'éprouve aucune douleur.

La souffrance s'arrête donc à la porte du mental, elle ne pénètre pas notre espace mental, et elle n'est pas davantage présente dans les mondes supérieurs (le monde spirituel et le monde divin). Le monde de la souffrance est le monde physique ("le corps") et le monde émotionnel/affectif ("le cœur") ; le mental ("l'esprit") est quant à lui totalement libéré de cette souffrance.




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